La mère avait trouvé un petit « nid » douillet, bien à l’abri, au calme. Pas de vent, pas de pluie, le confort moineauxabsolu pour y installer sa petite famille avec une vue imprenable sur le ciel bleu azur de Provence.

Quatre « enfants » tous plus beaux les uns que les autres qui allaient pouvoir s’épanouir, loin de la vie de folie des villes. Pas de pollution ou un minimum, pas de bruits surtout les weekends, pas de voyous pour influencer sa marmaille. L’occasion rêvée ! Quelle chance d’avoir pu trouver ce petit havre de paix.

Et pas de voisinage surtout ! Le pur bonheur !

Enfin presque ! Il y avait les courses à faire. Traverser ce grand no man’s land avant de trouver un « magasin » convenable pour n’offrir à sa progéniture que de la nourriture de qualité, du « bio ».

Quand on prenait l’habitude de vivre loin de tout danger, il était de plus en plus difficile de quitter ce confort pour se retrouver au milieu de la « civilisation » avec sa violence naturelle, ses embouteillages, sa « rapacité ». À croire que tout ce petit monde était retourné à l’état sauvage à force de vivre entassé.

Cependant, cette mère attentionnée pouvait très facilement garnir le garde-manger pour toute la famille en partant au petit jour, évitant ainsi l’agitation agressive du monde extérieur. Elle avait donc le reste du temps le loisir de voir pousser sa progéniture.

Le père ne rentrait jamais au domicile mais sa présence à proximité rassurait la mère. Il surveillait les alentours tel un garde du corps. Il savait que lorsque les petits seraient en âge d’être autonomes, il aurait alors son rôle à jouer.

Mais tout cela sans aucun machisme. La nature quoi !

Trois semaines plus tard, les enfants avaient bien grandi. Ils allaient pouvoir s’émanciper, « voler de leurs propres ailes ».

Un beau jour, aidé par le surveillant attentionné de la prison qui avait fermé les yeux sur ce « nid clandestin », le couple moineau donna à ses moinillons leur première leçon de vol.

Il fut un peu ardu pour certains oisillons de s’élancer dans le vide, mais après quelques essais infructeux (et parfois avec la contribution du gardien de prison) le besoin de liberté prit le dessus sur la peur et toute la famille s’envola vers son destin.

FIN

 

 


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